Voiture autonome La technologie et ses limites

  • Mis à jour
  • 08/08/2016

L'annonce de l'union des forces de Volkswagen et de LG Electronics suit de peu celle entre BMW, Intel et Mobileye. Les grandes manœuvres ne font que commencer.
Une voiture autonome est par définition une voiture connectée. Les données devront transiter en un flot incessant entre les véhicules s'ils veulent un jour se déplacer seuls. Quel meilleur moyen en effet d'éviter toute collision que d'avoir conscience de l'emplacement des autres véhicules et de voir au même moment qu'eux les dangers qu'ils détectent ?
Bien sûr, la voiture qui se prétend aujourd'hui connectée satisfait pour l'heure à des besoins plus simples, d'aucuns diraient plus futiles. Une auto est réputée connectée dès lors qu'elle peut interagir avec les fonctionnalités d'un téléphone portable ou diffuser de la musique en ligne. Certaines, plus haut de gamme, savent dialoguer avec leur atelier de réparation. Mais toutes (à compter du 31 mars 2018 pour tous les nouveaux modèles vendus au sein de l'Union européenne) seront bientôt capables d'émettre un appel d'urgence en cas d'accident (technologie eCall).
Ce n'est là qu'un début.
Déjà, l'application Smart Home App de Deutsche Telekom permet aux possesseurs de BMW i3 de régler la température de chauffage, de baisser les rideaux, de déverrouiller un portail, d'illuminer les lieux à l'approche du véhicule. A l'avenir, la voiture électrique alimentera le réseau électrique de la maison intelligente lors des pics de consommation de courant. Le citadin connaîtra la densité de la circulation et apprendra à anticiper ou retarder son trajet de quelques minutes.
En traitant une quantité grandissante de données, l'automobile apprendra à dialoguer avec les véhicules qui l'entourent et interpréter leur vitesse relative et leur trajectoire pour mieux anticiper leur comportement. Cette capacité de voir au-delà de la portée de ses caméras et de ses radars recèle très certainement la clé de la conduite véritablement autonome.
D'où l'intérêt de dialoguer avec les infrastructures routières et les véhicules qui précèdent, afin de détecter les obstacles plusieurs centaines de mètres avant qu'ils n'apparaissent dans le pare-brise.

La protection des données devient un impératif de sécurité des transports
Bien entendu, ces données devront être protégées. On imagine l'ampleur des dégâts que pourrait causer un individu mal intentionné s'il prenait le contrôle du réseau et intimait l'ordre aux véhicules d'ignorer le carrefour qui se profile à l'horizon. L'éditeur de logiciels spécialisé dans les identités et la certification numériques IDnomic (précédemment OpenTrust) s'avère très en pointe en la matière. Cette entreprise est déjà le partenaire de nombreux constructeurs automobiles, à commencer par le Groupe PSA qui protège déjà l'identité numérique de ses véhicules, afin d'empêcher les intrusions malveillantes, autrement dit, le «vol à la souris» par opposition aux bonne vieilles méthodes plus dévastatrices pour les serrures.
Entretemps, une phase d'évaluation en grandeur nature s'ouvrira en Bretagne dans le courant de l'année 2016 sur quelques milliers de kilomètres et avec quelques milliers de véhicules.
Sur ce réseau, circuleront toutes sortes d'informations pour prévenir entre autres de l'arrivée d'un véhicule prioritaire, de la formation d'un bouchon ou de la survenue d'un accident.
Une centrale de météorologie diffusera à terme ses alertes dans chaque véhicule.
Les feux rouges prendront la parole, eux aussi, suffisamment en amont pour éviter les freinages brusques et le phénomène de circulation en accordéon qui coûte temps et carburant aux automobilistes.